Gravatar "le monde n'a pas attendu Weber pour perdre de son sens et privilégier la rationalité instrumentale"


Le monde qui devient plus que le monde qui est. C'est ça la modernité.
Monde quantique en somme, où précisément l'expression "perdre son sens" n'a plus de sens !


Excellente note ceci étant.


Gravatar Bien que je ne comprenne pas très bien votre première phrase, je note le reste - et vous remercie de votre jugement.

Cordialement !


Gravatar "Ce sont les anthropologues, comme Karl Polanyi ou Louis Dumont, qui nous apprennent qu'il y a cette rupture de la modernité."

J'ai lu Polanyi et Dumont et je n'arrive toujours pas à voir cette rupture. J'y ai réfléchi et cela peut s'expliquer. Venant au départ de la pensée nietzschéenne, ce que je vois ce n'est pas une rupture de l'occident d'avec les autres, c'est la victoire en occident de certaines forces réactives et des valeurs que ces forces soutiennent. Rien ne dit que ces forces réactives (et des valeurs similaires) n'aient pas déjà par le passé triomphé dans d'autres sociétés qu'ici nous pourrions qualifier de traditionnelles (Nietzsche pensait à la société juive d'après la royauté, ce point chronologique est important car il ne s'agit pas d'une question raciale, "ontologique", mais d'une société qui a succombé au cours de l'histoire au mal tout comme la nôtre a succombé plus tard).

"Si l'on voit dans la modernité une coupure, la seule composition concevable est hiérarchique : nos valeurs modernes doivent avoir le premier rang, les valeurs de l'homme traditionnel ne sont pas indignes, elles doivent aussi avoir une place, mais à titre subordonné."

Si dans la plupart de ces sociétés traditionnelles les forces actives dominent et donc les valeurs de ces forces, comme c'est à mon avis le cas, comment ces valeurs traditionnelles pourraient-elles accepter d'être en position subordonnée, qui plus est subordonnée à la position de valeurs réactives? Cela revient à mettre tout sens dessus dessous. Il ne s'agit pas ici, d'un point de vue traditionnel, que leurs valeurs se soumettent à nos valeurs, mais que des valeurs élevées se soumettent à des valeurs basses, autrement dit c'est leur demander de vénérer ce qu'ils considèrent ignoble.

"c'est que si les valeurs de la modernité sont bonnes, on ne peut néanmoins les appliquer à tous les domaines de l'existence, et qu'il faut pour qu'elles restent bonnes être bornées - faute de quoi elles sont auto-destructrices - et destructrices de "l'humanité commune""

Si elles sont bonnes, pourquoi devraient-elles être bornées? Comment des valeurs bonnes conduisent-elles à la destruction (y compris l'auto-destruction)? N'est-ce pas plutôt là, traditionnellement, la définition du mal? Notez bien que, toujours du point de vue traditionnel, les valeurs basses ne sont pas mauvais en soi, elles ne sont le mal que lorqu'elles dominent. Autrement dit, la subordination des valeurs basses aux valeurs élevées est possible en respectant toutes les valeurs, pas l'inverse (comme je l'ai dit plus haut, les valeurs élevées se dénaturent si elles acceptent la subordination aux valeurs basses).

En résumé, oui il faut une limitation des valeurs modernes (les forces réactives), qui pourrait peut-être prendre la forme d'une auto-limitation, mais concrètement la seule forme possible de cette limitation est l'acceptation de la supériorité des forces actives en occident.


Gravatar Encore une fois coupé...

La suite:
... Alors il sera possible d'accueillir "les hommes traditionnels et leurs valeurs" autrement qu'en leur demandant de s'oublier. On verra dans leurs valeurs des valeurs étrangères, peut-être subordonnées aux nôtres, mais non plus opposées.

Que pensez-vous de ce que j'ai écris ici? Une chose est que vous ne soyiez pas d'accord mais cela vous paraît-il inepte? Soyez sincère...




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