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En quoi ce passage vous semble-t-il particulièrement anti-nietzschéen ? Bien que je doive admettre un penchant pour Nietzsche, les attaques de Chesterton contre celui-ci m'ont toujours semblées (la majeure partie de son oeuvre m'est encore inconnue) faibles et fondées sur des malentendus ou une compréhension simpliste qui lui colle des préjugés pourtant inexistants (c'est du reste le défaut de la quasi-totalité des commentateurs de Nietzsche).
Que les système politiques ne soient pas naturels, personne ne le conteste. Qu'ils soient d'égale valeur du "point de vue de la nature", à nouveau, personne ne le conteste. Qu'ils le soient du point de vue humain, c'est ça qui est discutable, et ce sont les manifestations de cette discussion que Nietzsche décrit. Je ne crois pas que Nietzsche se soit jamais placé du coté de la nature pour traiter de telles questions. En somme, Chesterton le prend pour un moralisateur alors qu'il est un véritable moraliste (bien qu'indirectement pertinent ici, un ouvrage intéressant à ce sujet : Nietzsche, moraliste français, de Robert Pippin.)
Par ailleurs, aussi efficace que le raisonnement apparaisse ici, les anthropomorphismes me semblent un peu trop nombreux pour qu'on puisse lui admettre des qualités wittgensteiniennes. Mais peut-être pourriez vous préciser l'interprétation que vous faites de ce passage ? (Je m'excuse d'encourager votre didactisme...)
Cordialement,
Visiteur |
05.05.08 - 2:00 pm | #
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Bonjour,
d'abord, un point de désaccord : "Que les système politiques ne soient pas naturels, personne ne le conteste. Qu'ils soient d'égale valeur du "point de vue de la nature", à nouveau, personne ne le conteste." - il me semble que tous les systèmes - y compris d'ailleurs certaines variantes catholiques - qui se veulent fondés sur une Loi Naturelle, ou quelque chose de ce genre, contredisent ces deux phrases. Effectivement, si l'on creuse un peu à la manière de Chesterton, on vous répondra souvent que la nature n'est ici qu'une "analogie", un vague modèle, mais du coup la Loi Naturelle ne veut plus dire grand-chose.
Au passage, c'est un point où j'ai du mal à suivre Dumont, lorsqu'il met l'artificialisme du seul côté de la modernité. Passons.
Par ailleurs, les "anthropomorphismes" que vous évoquez me paraissent joliment prêtés par Chesterton à ses adversaires et ne pas aller à l'encontre de son propre raisonnement. Il ne fait que pousser à l'absurde, sur le mode comique, les conséquences de la pratique plus ou moins consciente de donner des pensées à la nature.
cafeducommerce |
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05.06.08 - 6:47 am | #
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Sur Nietzsche, maintenant. J'ai quand même souvenir de lignes où il s'attaque à la démocratie au nom de la nature et de l'agressivité des animaux entre eux. Mais il est vrai :
- que je ne sais plus du tout où, alors que la charge de la preuve ici m'incombe ;
- que du coup je ne peux dire si les analogies dont j'ai souvenir entre ce qu'il dit de la nature et ce qu'il dit de la démocratie tombent si bien sous le coup de la critique de Chesterton. Intuitivement, je crois que oui, et c'est pour cela que j'ai inclus Nietzsche ici, alors que j'avais pensé dans un premier temps me contenter de quelqu'un comme Konrad Lorenz. Il faut vérifier. En même temps, vous m'accorderez que Nietzsche, d'un livre à l'autre et d'une formulation à l'autre, peut être plus ou moins rigoureux, expéditif ou schématique.
Bref, nous ne sommes pas au bout de nos peines (appel du pied à tous les lecteurs nietzschéens pour qu'ils donnent un coup de main).
Je vous remercie par ailleurs, outre bien sûr de votre commentaire, de votre tuyau sur le livre de R. Pippin : j'aime parfois beaucoup, justement, le côté "moraliste français" de Nietzsche.
Cordialement !
cafeducommerce |
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05.06.08 - 6:55 am | #
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Nietzsche était inégalitariste et anti-démocrate, c'est indéniable. On aime ou on n'aime pas. Par contre, je ne comprends pas le contre-argument de Chesterton face au supposé inégalitarisme naturel. L'argument Nietzchéen est plutôt à mon avis du genre qu'il y a une hiérarchie à l'intérieur des communautés animales, pas entre espèces. Les chats, les souris, les singes, etc, ne se considèrent pas égaux entre chats, souris, singes. Il y a une hiérarchie dans leurs communautés (si ce sont des animaux sociaux) ou entre individus s'ils vivent en solitaire (respect du territoire, possession des femelles). Nietzche ne dit pas que l'homme est supérieur à tel ou tel animal, ou que le chat est supérieur à la souris, il dit qu'entre hommes nous ne sommes pas égaux, tout comme par exemple entre singes il n'existe pas d'égalité.
C'est presque ridicule de penser comme Chesterton que les animaux vivent dans l'anarchie. Au contraire, ils ont un sens très strict de la hiérarchie (dépendante de la force physique) et de la manière obligée de se comporter face à un de leurs congénères.
vulgos |
06.15.08 - 2:29 am | #
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Commenting by HaloScan
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